La traduction et sa mise en onde. Voilà quelques années que j'avais envie d'essayer certaines solutions.
Il y a un documentaire radio qui reste pour moi une source d'inspiration continue : Les mangeurs de pommes de terre de Y.Paranthoën. Parmi beaucoup de qualités et trouvailles de réalisation, il y a la traduction. Cette production se déroule en Hollande sur les pas de Van Gogh. La plupart des intervenants parlent Néerlandais. Voici quelques "règles" que l'auteur semble suivre :
- La traduction est effectuée en studio, en simultanée, en écoutant les bandes (entretiens, rencontres et ambiances) : on garde les hésitations, les reprises, etc...
- La voix de la traduction ne cherche pas à avoir le même timbre, le même genre, les mêmes intonations que les personnages.
- Elle n'a aucun accent.
- La voix est très proche, en proximité extrême, comme aucun autre son dans le documentaire.
- Cette voix est placée, par la suite, idéalement selon les sons, les voix, les évênements pour ne jamais gêner l'écoute. Elle se place toujours au mieux, en utilisant l'effet "créneaux".
il en résulte une très belle impression. On profite des voix étrangères. On profite de la voix de la traduction. Cela fait une matière très belle à rajouter aux autres. On peut parfois avoir la traduction et pas le son original. C'est étrange, doux et très agréable.
L'inverse des traductions qui essaient d'imiter le timbre et l'intonation des gens, qui viennent se superposer aux autres voix, qui font regréter les sous-titres des images.... Dans Les mangeurs de pommes terres, on imagine même pas pouvoir écouter sans la traduction tellement celle-ci fait partie intégrante de la mise en ondes. Comme toute construction astucieuse et précise, si on enlève une petite partie, tout tombe....
Ici j'ai essayé pour la première fois de réaliser une traduction de cette façon. J'ai demandé à Léa Le Dimna de me traduire en direct ces sons. J'ai ensuite monté ce petit passage.